edition de l'ariane

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L’œuvre de Catherine James met en scène une mimesis du conflit entre le sujet et le mal. Hors théologie, elle donne à voir une théogonie (mythologie) revue et corrigée par le corps dolent, actant, douloureux, c’est-à-dire une métaphore reposant sur l’allégorie religieuse, au sens de « religare », unir . Le sujet aspiré par le besoin évolué en style dérivé en vice, devient le suppôt ; le héros : un condamné qui résiste. Il n’y a pas de résolution, mais un état d’insurrection et de tension, de consistance incessantes, comme dans la condition humaine, quand elle tient. La fin est promise mais insaisissable. Seul le combat peut être mis en récit par le biais du mythe et de l’allégorie. Le problème du mal s’exprime par la superposition de deux métaphores : celle de l’histoire individuelle, celle de l’histoire générale ; on pressent le trauma d’un récit initial qui ouvre la voie et fournit la méthode.
A travers les mythes premiers de notre culture tant greco-latine que judeo-chrétienne, Catherine James retrouve les archétypes de la psychanalyse : dans l’inconscient douloureux de l’être social sommeille l’imagerie onirique du conflit avec le monstre, actif dans soi et par lesautres.
L’oeuvre de Catherine James reprend à son compte la pluralité, la polysémie du drame humain, telles qu’on les trouve dans les acceptions d’Eros livrées par Platon dans le « Banquet ». Eros est le dieu le plus ancien, le plus auguste, mais c’est aussi un dieu multiple, suivant qu’il respecte les règles de l’honnêteté, ou sombre dans la vénalité. Dans le premier cas, l’authenticité du sentiment répond à justice et tempérance pour donner lieu à l’harmonie. Dans le second cas, intervient l’idée de la moitié séparée, à partir de la fusion de l’unité primitive. L ‘Amour précepteur des dieux vainc la Nécessité, mais son désir d’immortalité se révèle dans la passion sexuelle.
Tita Reut

 

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